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Lexique

Péritoine

C’est une membrane mince qui tapisse les organes (péritoine viscéral) et la face interne des parois de l'abdomen (péritoine pariétal). Il n’y a pas de discontinuité entre le péritoine viscéral et le péritoine pariétal (Figure : péritoine). Le péritoine permet aux organes de glisser les uns sur les autres ; il abrite les vaisseaux et les nerfs qui leur sont destinés. Il est très sensible à l’étirement et à toute cause d’irritation, contrairement aux organes qu’il enveloppe.


Défense de la paroi

La défense est une contraction involontaire des muscles de l’abdomen en réaction à la pression exercée par la main du médecin sur la paroi. La paroi se laisse d’abord déprimer, mais elle se contracte à partir d’une certaine profondeur, rendant impossible la palpation. Elle est due à une maladie ayant entraîné une infection ou une inflammation du péritoine.


Cœlio-chirurgie

Méthode opératoire qui consiste à instiller de l’air dans la cavité péritonéale pour introduire des instruments permettant la vision, cœlioscopie, et l’intervention chirurgicale. De nombreuses opérations sont faites avec cette technique. L’avantage est un rétablissement plus rapide du malade.

L’appendice est un organe cylindrique creux situé dans le prolongement du gros intestin, s’ouvrant au fond du cæcum (Figure : appareil digestif).


L’appendicite aiguë résulte de l’infection développée dans l’organe, détruisant la paroi et provoquant des lésions allant jusqu’au péritoine (Figure : appendicite aiguë) (voir le lexique ci-dessous). Son évolution spontanée est de former un abcès menaçant la cavité abdominale et dont les microbes et les toxines sont nuisibles à tout l’organisme. On conçoit donc la nécessité du diagnostic le plus précoce possible pour enlever l’organe malade par une opération chirurgicale. L’appendicite aiguë est une maladie très fréquente ; tout le monde connaît quelqu’un qui a été opéré au cours de sa vie, en général dans l’enfance.


Symptômes


La manifestation la plus courante est une douleur de la fosse iliaque droite (Figure : quadrants de l’abdomen), accentuée par les mouvements de la cuisse, par la marche, pouvant occasionner une boiterie. Le sujet provoque lui-même la douleur s’il appuie sur son ventre, en bas et à droite. Il s’agit en général d’un enfant ou d’un adulte jeune qui, bien sûr, n’a pas déjà été opéré de l’appendicite. Il est nauséeux, a même eu des vomissements et il a souvent des troubles du transit intestinal.


Ce qu’il ne faut pas faire


Il ne faut pas, ayant constaté un peu de fièvre, l’attribuer un petit rhume fortuitement présent, encore moins prendre quelque antibiotique traînant dans l’armoire à pharmacie. Ayant pensé qu’il pouvait s’agir d’une appendicite, il vaut mieux ne pas différer la consultation d’un médecin.


Ce qu’il faut faire


Il faut prendre sa température. On constate en général qu’elle n’est pas très élevée mais tout de même anormale : par exemple 38°C. En résumé, penser qu’il peut s’agir de cette maladie doit inciter à aller voir son médecin le plus vite possible, même si des symptômes semblables, ressentis quelques jours auparavant, se sont estompés spontanément.


Consultation médicale


Le médecin généraliste retient la description de la douleur et la fièvre modérée ; il examine l’abdomen et la provoque précisément dans la fosse iliaque droite à droite et en bas du nombril, reproduisant la douleur spontanée. Il y constate de plus une défense (voir le lexique ci-dessous). C’est l’élément d’orientation qui fait la différence avec une colopathie fonctionnelle. Si les conditions s’y prêtent, le médecin fait un toucher rectal, éventuellement un toucher vaginal, à la recherche de signes de confirmation et pour éliminer un autre diagnostic. Des examens complémentaires ne sont pas indispensables. Toutefois, le praticien peut, dans certains cas, avoir besoin de s’aider d’une prise de sang et éventuellement d’une échographie abdominale qui visualise - mais pas toujours - les anomalies de l’appendice. Le diagnostic d’appendicite est donc presque toujours établi seulement par l’examen clinique et il entraîne l’indication d’une opération chirurgicale. Le chirurgien confirme le diagnostic, enlève l’appendice en passant soit par une incision de la paroi en face du point de Mac Burney, soit par cœlio-chirurgie (Figure : cœlio-chirurgie) (voir le lexique ci-dessous), à l’aide d’instruments introduits par de toutes petites incisions. La convalescence est de quelques jours. Le fait de ne plus avoir d’appendice est sans conséquence sur la santé.


Autres façons qu’a la maladie de se manifester


Après l’administration d’antibiotiques et d’antalgiques donnés sans discernement, les signes trouvés par le médecin deviennent difficiles à interpréter : la douleur est atténuée et la défense a disparu. Cette apparente guérison est trompeuse car l’infection est seulement mise en sommeil et risque de se réveiller sous la forme grave d’un abcès ou d’une péritonite.


L’appendicite peut être méconnue au début d’une grossesse, au cours de laquelle les vomissements et la pyélonéphrite (infection des voies urinaires) sont plus fréquents.


L’appendice normal peut avoir une position atypique (Figure : appendices atypiques). Quand c’est le cas, son infection se manifeste par des symptômes qui ne sont pas situés dans la fosse iliaque droite, donc plus difficiles à interpréter :

  • lorsque l’appendice remonte le long du cæcum, en arrière de celui-ci, l’appendicite provoque des manifestations trompeuses par leur localisation dans la fosse lombaire droite, évoquant une infection des voies urinaires.
  • lorsqu’il remonte en avant du cæcum, l’infection de l’appendice provoque une douleur sous le foie, pouvant évoquer une cholécystite aiguë. C’est souvent le cas de l’appendicite au cours des derniers mois de la grossesse.
  • si la maladie se développe dans un appendice déployé vers le centre de l’abdomen, plongeant au milieu des anses de l’intestin grêle, les signes sont ceux d’une occlusion intestinale aiguë : douleurs intenses et vomissements à la moindre tentative d’alimentation.
  • lorsqu’il est long et descend dans le pelvis, l’appendicite peut, chez la femme, simuler une salpingite (infection des voies génitales internes de la femme).
  • chez le sujet âgé, les symptômes sont souvent ceux d’une occlusion intestinale aiguë qui, associée à la douleur provoquée, évoque un cancer du côlon droit.


Les formes de la maladie les plus redoutables, heureusement rares, sont celles qui se présentent d’emblée - ou après antibiotiques - comme un abcès intra-abdominal ou une péritonite. Le traitement chirurgical est beaucoup plus complexe et l’évolution risquée, avec des suites opératoires mettant en jeu le pronostic vital en dépit des moyens actuels, incluant l’antibiothérapie et la réanimation.